jeudi 15 janvier 2015

2015

 En octobre, un poème et une photo dans le numéro 7 de la revue 17 secondes

http://fr.calameo.com/read/002027389fc27f5a67e6e



En juin, de nombreux extraits de Bleu naufrage dans le n°5 de la revue FPM (Festival Permanent des Mots)

http://www.fepemos.com/#!sommaire-5/c3r9



En mars, 7 extraits de poèmes, tirés de Bleu naufrage, dans l'anthologie "L'insurrection poétique" des éditions Corps Puce.
http://www.corps-puce.org/




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En février, Bleu naufrage - élégie de Lampedusa, publié aux éditions La Sirène étoilée. 48 pages 12€ (frais d'envoi compris). Pour commander :


http://lasirene.etoilee.monsite-orange.fr/
Le 3 octobre 2013, des centaines de migrants trouvent la mort en Méditerranée tout près de Lampedusa. Le 3 octobre 2013 et les jours suivants, j'ai ressenti comme un dégoût d'être là devant ma télé dans mon petit confort. Des corps sont étalés par terre dans des linceuls en plastique. Des corps devenus choses, déposés sous nos regards blasés. Des femmes, des enfants, des hommes dont on ne saura jamais rien de leur vie, pas même leur nom.


J'ai voulu écrire et continuer de ressentir. Sans m'imposer de forme, ni de contraintes. Juste la poésie pour direction. Un des petits cercueils blancs portait le numéro Quinze, c'est le nom que j'ai gardé pour cet enfant à qui je pense régulièrement.


Et puis en rien coupable, néanmoins témoin, tout ce bleu pour accompagner le malheur...






Commentaires reçus :

Jacques Josse
Bonjour Denis,
Surprise de trouver ton livre dans ma boîte l'autre jour! Je l'ai lu et me suis senti bien dans ton texte. Très juste et écrit sans pathos. Avec la distance qu'il faut pour saisir un tel drame. Et la colère rentrée mais bien réelle que l'on ressent face au laisser faire ambiant. Quinze devient un être vivant. C'est son tombeau que tu dresses. Sa mémoire (et celle de tous ceux qui l'accompagnent) que tu honores. L'ensemble est bien construit. Et ta sensibilité y est prégnante.
Bref, un recueil qui parle. Et qui, je l'espère, va trouver ses lecteurs. 


Pierre Tanguy

« J’ai ressenti comme un dégoût d’être là devant ma télé dans mon petit confort ».
L’insurrection poétique (thème du Printemps des poètes 2015) commence peut-être par là. Par l’indignation. « Indignez-vous/de vous de votre aveuglement/de vos ne-pas-déranger/indignez-vous de vos lâchetés/ de vos fermer-les-yeux ». Pour le Rennais Denis Heudré, c’est la vue des corps naufragés de l’île italienne de Lampedusa qui l’a fait sortir de ses gonds. « Des corps devenus choses, confie-t-il, déposés sous nos regards blasés. Des femmes des enfants, des hommes dont on ne saura jamais rien de leur vie, pas même leur nom. J’ai voulu écrire et continuer de ressentir ».
Le résultat, c’est ce Bleu naufrage, qualifié Elégie de Lampedusa, qu’il nous propose aujourd’hui. Un livre de fragments et de poèmes éclatés, à l’image de toutes ces vies brisées sur les côtes italiennes après un périple dramatique en boat-people, parfois sur « un bateau de 20 mètres/pour 500 migrants ».
« L’horizon effondré/la mort y a jeté son suaire de sel », écrit Denis Heudré. Le poète entend garder mémoire de ce malheur qui « assombrit nos âmes de nantis » et qui fait que « le bleu ne sera plus jamais bleu ». Un destin tragique broie des hommes dans l’indifférence. Les voici devenus simples numéros, êtres humains non identifiés. Il ne peut le supporter. « Je t’appelerai Quinze/c’est peut-être ton âge/c’est le numéro de ton cercueil » (tout au long de son livre, il s’adressera « en boucle » à ce Quinze anonyme). Puis, à la vue d’un autre cercueil - blanc -, il pressent bien que l’on a affaire à un enfant. « Les cercueils blancs/touches de piano pour une triste musique ».
Par sa plume, Denis Heudré ravive donc des existences et nomme des personnes. Il leur redonne une dignité. A commencer bien sûr par Quinze. « La mer d’ici n’a que faire de toi déjà oublié/mais je t’ai donné un nom/et jamais il ne tournera le dos à ma mémoire ». Pour autant le poète ne masque pas, au passage, la forme d’impudeur de sa démarche. « J’ai honte de transformer la mort/la tienne surtout/en poème ». En élégie (du grec elegia, chant de deuil), « poème lyrique, dit le Petit Larousse, dont le ton est le plus souvent tendre et triste ». Et c’est bien le cas ici.



Guénane

Denis, c'est l'enfant en toi qui m'émeut depuis ma première rencontre, tu es un survivant de l'enfance.

Élégie pour un enfant noir dans un cercueil blanc, un enfant mort dans le bleu naufrage, ce bleu qui peut être si paisible quand il n'est couleur linceul.

Un piano joue la rhapsodie en bleu naufrage numéro quinze...

Des chiffres et des mots, la comptabilité de la mort et la rage du poète qui veut imprimer ses mots avant que l'oubli ne les happe. Une rage qui serait naïve si elle n'avait sauvé de l'enfance la sincérité des larmes. Rage pour dire que l'homme a mal à l'âme, que dans la démesure illimitée le monde a mal à l'homme.

Sanguinis mare nostrum, le poète veut, sait entendre ceux qui meurent de trop de bleu dans les veines et l'horreur est dans le cri de Munch autant que dans le cri de Méduse aux cheveux de serpents du Caravage. L'horreur est aussi dans le silence qui monte juste après le cri blanc et c'est bon poète, de leur offrir une gerbe de pensées ou d'aviver les lanternes.

Un cri pour le cercueil quinze. La mort, oui, parle toutes les langues.

J'ai envie de te dire, poète, que je pleure avec toi sur les sans-noms de ce monde malade, je pleure, oui, de rage, mais par pudeur toujours je ne pleure que les jours de pluie.

Merci pour ce cri de vie.




Sébastien Marcheteau

Lire ici sur son blog sa note de lecture faisant le parallèle entre "bleu naufrage" et "Ellis Island" de Georges Perec.



Claude Vercey

Écouter ici sa chronique dans l'émission de radio "la route inconnue" (autour de la 52ème minute)

Lire ici son article sur le site de la revue Décharge



France Burghelle-Rey

Lire ici son article dans la revue Recours au poème



Jean-Claude Touzeil


Denis HEUDRÉ : Bleu naufrage (éditions la sirène étoilée) :

Sous-titré élégie de Lampedusa, ce livre est, au sens fort du terme, bouleversant...
Profondément choqué par la tragédie de ces centaines de migrants venus se noyer en octobre 2013 aux portes de l'Europe, l'auteur exprime son écœurement devant les images de son poste de télé. Cette multitude de morts devient vite anonyme, juste répertoriée par un numéro peint sur le cercueil. cimetière de Lampedusa / où les citoyens italiens / ont un nom / et les malheureux d'Afrique / un nombre // Denis Heudré s'attache alors au numéro Quinze, -un cercueil de petite taille, sans doute celui d'un enfant-, appellation qu'il va mettre en avant tout au long de son chant funèbre, à travers ses courts poèmes, parfois comme éclatés sur la page, espérant ainsi lui redonner un semblant d'humanité, en le tirant de l'oubli.
C'est que, gavé d'images « sensationnelles », le téléspectateur lambda est vite blasé et veut passer à autre chose. D'autant plus que la ronde des catastrophes n'en finit pas sur le petit écran... Mais pas question d'oublier Quinze pour Denis Heudré. Quinze jamais arrivé / pourtant là en moi / parfois présence trahie par d'autres pensées // Ni trois mois après : le bleu ne sera plus jamais bleu, ni un an plus tard : 3 octobre 2014 / Le JT titre sur la chaleur / on se baigne à Nice / dans ton eau / plus personne pour penser / à Lampedusa...

(J-C. T.)


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En janvier, 5 poèmes extraits de "une couverture noire" dans le numéro 129 de la revue Recours au Poème

http://www.recoursaupoeme.fr/denis-heudr%C3%A9/une-couverture-noire-extraits



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